Ce sont les portraits d’une vingtaine de femmes. Des femmes, symboles de la résistance et du combat pour la paix. Des femmes engagées qui luttent pour une société plus juste, chacune à leur manière. Des exemples ? Anna Politkovskaïa, journaliste russe assassinée parce qu’elle dénonçait les abus du pouvoir russe. Mère Teresa, la « bonne sœur » indienne. Taslima Nasreen, écrivaine du Bangladesh que les intégristes musulmans menacent pour ses écrits. Wangari Maathai, une femme engagée pour l’émancipation des femmes au Kenya. Rigoberta Menchu, militante du droit des femmes et des Indiens au Guatemala. Aung San Suu Kyi, opposante politique au pouvoir militaire en Birmanie. Chacune des femmes présentées symbolise un combat : pour les droits des minorités, pour l’indépendance des peuples, pour des lois et des gouvernements plus justes. Chaque portrait est accompagné d’un panneau qui explique le combat de la femme photographiée.
Pierre-Yves Ginet est photojournaliste à l’agence Rapho. La superbe exposition de 36 photos, résume 10 ans d’un travail acharné autour du globe* sur le thème des femmes en résistance. « Le combat des femmes est limpide. Les médias parlent d’actes de résistance de guerre, c’est formidable. Mais ils ne s’emparent pas des combats menés par les femmes. Or si les mecs avaient conscience de ce qu’elles obtiennent par la lutte, ils changeraient leur regard sur l’égalité femmes-hommes. C’est prouvé sur le terrain. Voyez ce qui se passe en Afghanistan. Les conditions de vie afghanes reculeront tant que les conditions de vie des femmes ne seront pas satisfaisantes. Avant l’arrivée des Talibans au pouvoir, elles pouvaient travailler… J’observe que le monde va mal et qu’un des bouts de la solution passe par l’égalité femmes-hommes. »
* Tibet, Argentine, Israël, Haïti, Turquie, Darfour, Afghanistan, France…
Donner et reconnaître aux femmes toute leur place dans la société
Le travail de Pierre-Yves Ginet porte sur les résistances de femmes dans le monde actuel. Ses premiers reportages sur le combat des nonnes tibétaines, de 1998 à 2001, ont poussé le photojournaliste à élargir son champ de travail au monde entier : entre 2001 et 2006, il s'est rendu dans dix-sept pays pour photographier des femmes qui, à leur niveau, contribuent à écrire l'Histoire de notre temps. Quelle que soit la forme de leurs actions, leurs initiatives convergent toutes vers une seule finalité : un avenir meilleur pour les générations futures.
À travers le prisme du rôle des femmes, l'exposition aborde des questions-clés telles que le respect des minorités ethniques, les luttes contre les lois injustes ou les gouvernements totalitaires, les combats pour gagner une citoyenneté pleine et entière, la survie face aux grandes épidémies et aux conflits, ou encore la reconstruction souvent difficile des après-guerres.
Bien des femmes dans le monde restent encore à l'écart de la vie économique, politique et sociale de leur pays. Alors qu'elles représentent 51% de la population mondiale, les femmes sont plus vulnérables à la pauvreté, à l'absence d'éducation, aux guerres, aux épidémies…
En dépit de ce tableau sombre, Pierre-Yves Ginet a souhaité sortir d'une représentation stéréotypée qui pose " la " femme en victime perpétuelle, voire en martyre ou en minorité à protéger. Certes, si les femmes " restent encore à bien des égards une colonie des hommes ", pour reprendre l'expression de l'ethnologue Germaine Tillion, cette exposition vient rappeler avec force que les sociétés sont mixtes et que leur histoire se conjugue au féminin comme au masculin. Les femmes